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Publié : 22 mai 2012

Quelques usages de l’iPad en maternelle

Un des objectifs de cette expérimentation menée à l’école des Chartreux à Issy-les-Moulineaux était de vérifier la pertinence de l’usage pédagogique des tablettes auprès de l’ensemble des élèves de l’école primaire. C’est ainsi que nos élèves de maternelle ont pu également utiliser cet outil.

Plusieurs séances furent ainsi organisées dans les 3 classes (2 Moyenne-Grande Sections et 1 de Petite section).

Dans un premier temps, les séances de découvertes se sont déroulées en demi-groupe afin de cibler avec précision les attentes pour chaque élève de niveau égal, mais aussi pour mettre en avant leurs perceptions de l’outil et leurs retours d’usages.

En Grande Section de maternelle, un travail fut réalisé en amont sur le vocabulaire et un recueil de conception a été fait sur le mot tablette puis sur le mot iPad. Les réponses des élèves ont été très intéressantes, ponctuées de remarques très spontanées :
"Un iPad, c’est un iPhone géant"
"Un iPad, c’est un gadget pour jouer" mentionné par un élève n’en ayant pas un à la maison.

Puis les élèves de moyenne et grande section ont ensuite manipuler l’outil.
Assez intuitif pour certains, moins pour d’autres où le premier blocage fut de déverrouiller l’écran d’accueil. Certains élèves avaient le réflexe de cliquer. Geste assez significatif, qui démontre l’emprise de la manipulation habituelle du "clic and go" avec la souris qui permet sur l’ordinateur d’accéder aux contenus souhaités.

Une fois l’accès à la page d’accueil établi, la navigation au doigt leur a semblé naturelle.

Volontairement, l’enseignante et l’ATICE présents sur cette séance avait souhaité un temps libre de découverte et d’appropriation de la tablette en ne donnant aucunes informations de repérages ou de manipulations.
Il est important de préciser qu’en moyenne dans l’école, 2 élèves sur 3 ont accès à une tablette ou un smartphone tactile à la maison par leurs parents. Ces élèves sont alors habitués aux manipulations aux doigts sur ces outils de technologies numériques.

Très rapidement, certains élèves, ayant déjà une aisance à manipuler l’outil, du fait d’une acclimatation acquise à la maison ont pu consulter différentes applications, notamment Boucle d’or et les 3 ours qui renvoyaient à une culture d’album de jeunesse acquise durant l’année.

Parallèlement, certains élèves ont découvert l’usage de la photo avec l’application du « rideau rouge » qui a été réutilisé par la suite dans le cadre d’un travail en arts visuels.

L’activité suivante dans cette même séance fut d’utiliser le clavier afin d’écrire son prénom à l’aide d’un support papier. L’usage de ce clavier a posé des difficultés, notamment pour les accents et les majuscules, point sur lequel nous reviendrons dans un autre article.

Lors d’autres séances, les élèves ont pu réinvestir un travail réalisé en classe sur support papier au travers d’une application nommée « J’apprends les formes et les couleurs ». Le but était de reconnaitre différentes formes selon différents niveaux de difficultés puis d’en réaliser le tracé.

Les élèves se mettent très rapidement dans le travail demandé, la pertinence de l’application leur évite d’être en difficulté face à la consigne expliquée par l’enseignant. La tâche à réaliser leur parait accessible et en dépit des erreurs, aucune lassitude ou découragement n’apparait. Alors qu’un travail sur le papier aurait, passé le temps de la découverte de l’activité et des premiers essais, démotivé les élèves rencontrant des difficultés. Le fait de ne pas être systématiquement sollicité pour des consignes incomprises permet à l’enseignante de vérifier plus facilement au sein de son demi-groupe de 12 élèves les marqueurs de réussite mais aussi d’échecs qu’utilisent les élèves. De même, cela permet d’avoir davantage de temps consacré aux élèves plus faibles pour augmenter l’aide qui leur est apportée.

Il en est de même lors d’une séance de dénombrement où l’application « 1,2,3 j’apprends les nombres » a permis aux élèves de travailler à leur rythme en respectant bien sûr les compétences liées aux instructions officielles. Des élèves performants pouvaient alors continuer de s’entrainer sur le principe de dénombrement avec des exemples plus élaborés, ce qui aurait plus long et conséquent en termes de matériels à préparer pour l’enseignant aux travers d’une activité de classe plus classique.

Les dernières activités se sont portées sur le graphisme et l’écriture en appui sur l’application « Cursive ». Ce travail commun à plusieurs classes est relaté dans un article suivant.

L’usage de la tablette s’est alors révélé un outil pertinent en classe, où l’élève de maternelle a pu être autonome dans ses apprentissages et travailler à son rythme, seul ou à plusieurs. En effet, à plusieurs reprises fut perçu un tutorat spontané où un élève aidait un autre tant dans la manipulation technique mais surtout dans la stratégie didactique utilisée appuyé par l’outil numérique. Il est apparu plus simple de montrer par une manipulation interactive la finalité de l’action plutôt que de formuler avec son vocabulaire incomplet une notion de mathématiques. Les élèves ont été très motivés par les travaux réalisés sur ces tablettes, ayant souvent l’impression de jouer, mais aussi d’apprendre.
On peut également signaler que cette approche pédagogique a révélé des changements de postures de la part des élèves. Lors d’une difficulté, certains élèves se décourageaient et d’autres s’appuyaient sur les affichages de classes. Il est apparu que dans un cas comme dans l’autre, une motivation mais aussi une implication plus conséquente dans le travail ont permis à ces élèves de surmonter leur difficulté. L’appui sur les supports pédagogiques de classe a été moindre, comme la bande numérique, habituellement utilisée, notamment pour le dénombrement, supposant alors une stratégie de raisonnement peut être plus autonome mais aussi une fascination pour l’écran qui induit une posture différente de l’élève dans son travail.

S.CHERITAT
Enseignant à l’école des Chartreux - ATICE des Hauts-de-Seine

Mai 2012