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Publié : 24 juin 2013

Carnet de voyage d’Emily Jordanns

A l’occasion de la fête du livre, les élèves de CE1/CM2 sont heureux de présenter leur production de classe : le carnet de voyage d’Emily Jordanns.
C’est une jeune navigatrice qui suit le parcours du Vendée Globe. Elle s’arrête dans différents pays. Les premiers chapitres sont présentés lors de la fête du livre du mardi 25 juin 2013 de 18h30 à 19h30 à l’école des Chartreux.

Voici la suite du carnet de voyage d’Emily Jordanns, réalisé par les élèves de CE1/CM2 et leur enseignant Sébastien CHERITAT.

Retour au carnet de voyage où Emily est en Afrique du Sud ...

"Son atelier est sur le quai et la réparation fut rapide, tout au plus une journée.
Je décide d’aller visiter le pays avec lui. Je prends mon sac et m’envole en avion pour une semaine visiter ce très beau pays d’Afrique. Je commence par la visite des monuments de la capitale et de ses environs. Je loge chez la famille de Jason qui est très gentille. Nous rencontrons l’un de ses amis appelé Mamadou. C’est un homme très gentil. On passe deux jours ensemble à visiter la ville. Je lui parle beaucoup de mon bateau et de mon aventure de Tour du monde. Il me parle de lui, de sa vie difficile et des problèmes de racisme dans ce pays. Il me raconte un témoignage. Il y a dix ans, c’était un jour comme les autres et il était invité chez des amis de couleur blanche de ses parents. Une heure après, il y a eu une bombe dans la maison de ces amis. Il me montre une grosse cicatrice. Tout le monde a essayé de sortir de la maison avant qu’elle ne s’écroule. Trois autres habitations avaient été touchées, ils ont vu plein de morts dans le quartier et ont entendu plein de coups de fusil partout. Le fils du copain de son père est mort et ils avaient tous beaucoup pleuré. C’était un acte barbare. Mamadou me raconte que le président Nelson Mandela était venu dans le quartier après et que son père et sa mère lui avaient serré la main. Il avait 10 ans et était impressionné par cet homme. Il avait gagné le prix Nobel de la paix et avait tout fait pour réconcilier les hommes blancs et les hommes noirs. Il avait beaucoup fait pour l’égalité et le respect des droits de l’homme. À la fin de son témoignage, je suis très émue.

Nous louons une voiture de location et nous reprenons la direction du Cap avec Jason. On s’arrête deux jours dans le parc Kruger pour voir beaucoup d’animaux et des paysages splendides. Je vois l’animal sacré : le lion.
Nous faisons aussi un peu de randonnées et d’escalades dans les montagnes du Drakensberg.

En passant à Port Elisabeth, nous rencontrons une de mes amies. Son nom est Bettou. Elle habite en Afrique du Sud avec sa famille. C’est une de mes bonnes amies d’enfance. On la voyait en vacances car sa mère est elle-même une très bonne amie navigatrice de mon père. On jouait beaucoup ensemble. Aujourd’hui, elle aide sa tante car elle est malade. Surtout, elle lui cuisine des plats traditionnels africains. Nous allons ensemble, avec sa sœur Samou, voir un zoo. On voit une famille de koalas, un lion avec une géante fourrure, un zèbre avec de très grandes rayures, la girafe avec un cou géant, et le crocodile avec des écailles géantes. Pour finir l’éléphant nous arrose avec sa trompe.

On assiste aussi à un entrainement de rugby, c’est un sport national ici et l’équipe nationale des Springboks se prépare à affronter l’équipe de France ! Je préfère quand nous allons du côté de la mer. Il y a une cabane aménagée un Podocarpus latifolius au pied de l’eau. C’est un grand arbre d’Afrique. La mer est magnifique, surtout au coucher du soleil.

Le jour suivant je passe la plupart du temps à la plage sur le sable. Cela me fait beaucoup de bien. C’est le calme avant la tempête.
La veille de mon départ pour l’Australie, je retourne dormir dans mon bateau. J’appelle mes parents pour dire que mon bateau est réparé, la voile aussi et leur raconter mon étape en Afrique du Sud.

Le lendemain, je reprends la mer pour un nouveau continent. Cette fois-ci, je ne ferai pas le trajet toute seule. J’ai lancé un défi à Jason, celui de m’accompagner ! Ce qu’il fait avec grande motivation.


La navigation n’est pas facile mais heureusement l’entente est bonne avec Jason. On se relaie pour naviguer et j’en profite pour me reposer un peu plus. Je lui apprends beaucoup de choses au sujet de la navigation, de la météorologie mais aussi sur mes nombreux pays traversés. Il me parle beaucoup de ses voyages, du sport (c’est un grand sportif) et de ses projets futurs dont un : voyager !

Après une courte étape à l’île de la Réunion, pour faire une randonnée autour du volcan le piton de la Fournaise, nous sommes repartis vers l’Australie, avec un gros stock de nourriture et des vêtements chauds. C’est l’une des étapes la plus longue et je suis bien content d’avoir un coéquipier. À deux, le temps parait moins loin et je subis moins la solitude du navigateur. Je découvre que Jason tient lui aussi un carnet de voyage. Il accepte que je lise quelques pages :
Carnet de Jason
« Le bateau d’Emily est bleu avec une rayure blanche. Il a des grandes voiles blanches verticales à rayures bleues. Il a une petite cabine pour conduire le bateau. Il a une dérive au milieu du bateau. Le bateau est grand et rapide. Il mesure 10 mètres. Il y a 2 voiles et 1 gouvernail marron. Le bateau a des feux lumineux à l’avant, en haut du mat et sur les côtés. La coque du bateau est épaisse. Le bateau a des longues cordes que l’on appelle des drisses.
Dans la cabine principale, il y a une énorme boussole bleue et un petit lit blanc avec un duvet bleu à pois verts. La canne à pêche est sous le lit avec les livres de navigation pour apprendre à manœuvrer et réparer le voilier. Il y a aussi un poste de musique et du petit matériel. On peut utiliser la radio pour se tenir au courant de ce qui se passe en France.

La chambre est petite. Dans la cuisine-salon il y a six hublots. La salle est bleue. Il y a une tablette et une banquette. Dans la banquette, il y a des sachets de nourriture pour trois mois. Aussi dans la salle de bain, il y a des toilettes. Il n’a pas de douche, juste un petit bac. La cuisine comprend un évier, un mini frigo et une petite plaque électrique, alimentée par des panneaux solaires.

Dans le bateau, il y a un gilet de sauvetage. Il y a un gros téléphone satellite et une grande carte du parcours posée sur la table des cartes. Il y a un grand écran au-dessus et un plus petit, celui de l’ordinateur. Il y aussi la tablette numérique d’Emily pour lire. Il y a des petites cartes repliées et fixées dans un filet. Il y a des photos de sa famille pour qu’ils soient toujours présents tout comme son porte bonheur : c’est un mini tableau avec une forêt et au loin l’océan. Le sol est blanc. Il y a le manteau de navigatrice qui est accroché à côté de la porte. Dessous, il y a la pompe à eau pour filtrer l’eau de mer et nettoyer l’eau sale. Les voiles sont rangées sur le côté du bateau. C’est un beau voilier, bien utilisé et dans lequel on range beaucoup de matériel. »

Je suis impressionnée par ces descriptions. Jason a observé mon bateau dans tous ses détails. Je referme son carnet et m’endort.

Le lendemain, entre deux temps de navigation, je reprends la lecture du carnet de Jason. Il me décrit :
« Emily est courageuse, elle a peur de l’orage mais elle maitrise sa peur. Cette fille est sérieuse, elle fait tout très bien et avec beaucoup d’attention. D’une nature timide, elle n’ose pas trop mais elle arrive à aller voir les personnes qu’elle ne connait pas. Elle a beaucoup d’amis dans le monde entier. Elle est triste perdue au milieu de l’océan mais tellement contente de naviguer et découvrir de nouveaux pays. Elle aime rencontrer des gens. Emily se réveille toujours joyeuse. Elle est motivée et travailleuse dès qu’elle hisse les voiles de son bateau. Elle est ordonnée parce qu’elle range bien. Emily est bienveillante parce qu’elle veille bien sur les dauphins. Elle est bien vigilante pour ne pas que sa voile se casse.

C’était un véritable portrait qu’il avait dressé de moi. Comme cela est très flatteur ! Il n’y a que des compliments. En sortant sur le pont, le froid est de plus en plus vif et tenace. L’humidité nous refroidit encore plus à cause des fortes rafales de vents qui nous accompagnent chaque jour. Et dire qu’il nous reste encore plusieurs jours en mer comme celui-ci.
Ma famille, mes amis me manquent. Tout à l’heure, j’atteindrai le port de Sidney en Australie. Je suis alors de bonne humeur, sachant que dès aujourd’hui, je descendrai de ce bateau, toute contente.

(à suivre .....)
Le livre numérique dans sa totalité sera en ligne début juillet.

Sébastien CHERITAT - Enseignant et ATICE